CSD ST2I du 25 mai 2009

lundi 25 mai 2009
par  Dimitri Peaucelle ST2I

Discussion sur le rapport Petit concernant les conditions de la création ou pas d’un dixième institut

Compte-rendu du CSD ST2I du 25 Mai 2009

1 - Approbation du compte-rendu du CSD du 26 mars 2009

Le compte-rendu est approuvé.


2 - Discussion sur le rapport A. Petit

Sébastien Candel présente le travail de la commission présidée par Antoine Petit dont l’objet était d’étudier les scenarii d’organisation des Sciences et Technologies de l’Information (STI) au CNRS. La commission mise en place fin mars a procédé à de nombreuses auditions (voir le rapport à l’adresse http://www.cnrs.fr/inst2i/recherche/docs-actualites/rapport-final-antoine-petit.pdf) et a bénéficié de l’aide de l’administration du CNRS pour ce qui est données chiffrées. Un pré-rapport a été remis le 4 mai suite à quoi la communauté a fait des retours. La commission s’est ensuite réunie le 18 mai pour rédiger le rapport final. Il exprime un compromis entre les différentes positons défendues par les membres.

Un premier débat général indique que le rapport est perçu comme globalement bon car il résume correctement la situation : deux scenarii faisables assez différents en termes de conséquences. Conformément aux missions de la commission, le rapport ne tranche pas entre ces solutions.

Le CSD procède alors à la lecture paragraphe par paragraphe du rapport. Le compte-rendu ne reprend que les discussions ayant apporté des compléments au rapport.
- 1 - Les trois principes du préambule sont approuvés :
—  Un CNRS sans sciences et technologies de l’information ne serait plus le CNRS.
—  Nous ne sommes pas favorables à la création d’un institut unique en sciences et technologies de l’information.
—  Une coordination des principaux acteurs académiques français dans le domaine des sciences et technologies de l’information est une nécessité.

- 2a - Cette partie portant sur la définition des enjeux scientifiques des STI est perçue comme une analyse d’un meilleur niveau que d’autres textes traitant du même sujet. Elle combine aspects fondamentaux du domaine et la description de ces applications.

- 2c - Le CSD note que les interactions entre STI et SPI (Sciences pour l’ingénieur) sont peu mises en relief. Une discussion permet de conclure que c’est à la fois une faiblesse du rapport qui aurait pu mettre en avant une méthodologie systémique commune, détailler un peu plus les enjeux d’interaction entre matériel et logiciel... et un constat que la recherche interdisciplinaire entre STI et SPI n’est actuellement pas au niveau auquel elle devrait être. Parmi les raisons de ces trop faibles recherches interdisciplinaires, on note : un parcours de formation le plus souvent commun qui inciterait à se débrouiller seuls quand une coopération serait possible ; une tendance historique à privilégier des contacts avec les Mathématiques appliquées ; une certaine facilité à concevoir l’utilité des STI pour les SPI, mais peu de co-construction de problématiques enrichissantes pour les deux parties. Un axe de telles coopérations mutuellement fructueuses s’est dégagé des discussions : la modélisation, qui est une étape d’échange et de négociation.

- 3 - Le CSD a apprécié que le rapport mette en avant les aspects de valorisation particulièrement forts en STI. Il a également fait remarquer que la valorisation ne se faisait pas de la même façon dans toutes les disciplines et dépendait beaucoup des acteurs. C’est pour cela que les règles de la valorisation ne devraient pas être uniformes pour tout le CNRS, être plus souples et décidées localement (par exemple au niveau de Collegiums).

- 4 - Comme cela est rappelé à ce stade du rapport, STI c’est (à quelques éléments près) exactement le contour de la section 7. Les grands et fréquents changements organisationnels de STI au CNRS (dans SPI, puis dans STIC, puis à cheval entre MIPPU et Ingénierie, enfin dans ST2I) sont analysés comme une cause des faibles travaux interdisciplinaires STI-SPI commentés lors du point 2c.

- 5b - L’avis de la commission de ne pas partitionner les STI concorde avec l’avis de la section 7 qui a toujours affirmé la continuité et la cohérence STI. D’ailleurs tout découpage entraînerait que ¾ des laboratoires seraient rattachés à deux instituts. L’unité de STI ne signifie pas qu’il n’y a pas diversité de points de vue mais que la communauté arrive aisément à s’entendre.

- 5c - L’abandon du scénario STIC (en résumé : sections 7 et 8) est diversement apprécié. Pour certains il devrait être plus justifié car la focalisation sur les liens entre développements matériels et logiciels avait sa cohérence. Il est cependant noté que pour nombre de chercheurs de la section 8, le découpage entre section 8 et le reste de SPI était problématique (par exemple en nano, en photonique, en micro-systèmes, en énergie et systèmes embarqués...). Cet argument est appuyé sur des positions répétées de la S08, unanime sur le sujet, ainsi que sur la, position des directions de laboratoires rattachés à la S08 elle aussi quasi unanime.

- 6a - Une première discussion porte sur la définition du scénario de création d’un dixième institut STI. Pour les personnes extérieures au domaine, il est nécessaire de préciser que ce serait un institut pour l’essentiel avec comme contours celui de la section 7. La frontière exacte serait cependant définie par les laboratoires qui choisiraient de s’y rattacher.
Une seconde discussion porte sur l’opportunité d’obtention de moyens supplémentaires directement fléchés par le ministère. Le CSD s’inquiète de cette éventualité qui signifierait une perte d’autonomie du CNRS et un éclatement du CNRS en instituts autonomes et concurrents.
Le CSD s’accorde sur le fait qu’un institut STI aux missions et contours exactement identiques à ceux de l’Inria serait dans une situation inconfortable. Ce scénario conduirait inévitablement à fusionner les deux. Etant donnés les moyens et les capacités d’animations scientifique de l’Inria, le CSD analyse que cette fusion se ferait par un transfert des STI du CNRS vers l’Inria. Il rappelle que cette conséquence est antagoniste avec les principes établis dans le préambule.
Une discussion conclue enfin sur le fait que, indépendamment des découpages organisationnels, la façon pour le CNRS d’afficher des priorités en termes de développement des STI serait de les affirmer fortement dans son contrat d’objectif avec le ministère. Sans cela, le seul moyen pour le ministère de programmer un développement des STI resterait la hausse des crédits de l’Inria. Même si le CNRS a fait de nombreux efforts en faveur des STI ces dernières années, il semble pour certains que l’affirmation d’une politique scientifique forte dans le domaine n’est pas à la hauteur des enjeux.

- 6c - Bruno Durand, président de la section 7 rappelle les arguments contre un découpage de la section (voir discussion sur la section 5b) mais estime que ce n’est pas une question urgente. Pierre Guillon s’accorde pour dire que ce ne pourrait s’envisager que dans 3 ans lors du prochain renouvellement de la section. Concernant les difficultés possibles dues à la taille de la section, B. Durand indique que certaines pourraient être levées si les règles de fonctionnement du CN étaient assouplies.

- 7 - Sur la question de la coordination des STI, le CSD rappelle que cela passe en grande partie par le système des UMR entre le CNRS et les Universités. Pour ce qui est de la coordination nationale avec l’Inria, qui est nécessaire dans les unités où les deux organismes sont présents, ainsi qu’à l’international, le rapport ne fournit pas de proposition effective. Le terme de "coordination ambitieuse" est interprété comme une incitation à la fusion de l’Inria avec les STI du CNRS.

En conclusion le président du CSD propose aux membres de s’exprimer sur

- les trois phrases du préambule : aucun membre du CSD n’exprime d’opposition à ces trois principes
—  Un CNRS sans sciences et technologies de l’information ne serait plus le CNRS.
—  Nous ne sommes pas favorables à la création d’un institut unique en sciences et technologies de l’information.
—  Une coordination des principaux acteurs académiques français dans le domaine des sciences et technologies de l’information est une nécessité.

- le fait que globalement le second scénario d’un seul institut ST(Info+Ingé) est privilégié par le CSD car il offre plus de possibilités scientifiquement et est interprété comme le seul réellement en accord avec les phrases du préambule. En ajoutant que ce scénario devait être complété d’un affichage plus affirmé des objectifs du CNRS en matière de STI, cette proposition n’a pas donné lieu à opposition dans la mesure ou elle est assortie des informations sur la représentativité de la S07 au sein du CSD.


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