Déclaration des élus SNCS/FSU et SNTRS/CGT au CA Inria, 13 octobre 2009

samedi 12 décembre 2009
par  auteur.inria

Conseil d’administration de l’INRIA, 13 octobre 2009

Point sur la Prime d’excellence scientifique

Déclaration des représentants du SNCS/FSU et SNTRS/CGT

Oui, nous sommes pour une vraie revalorisation des carrières dans la recherche, revalorisation particulièrement nécessaire pour les nouveaux entrants, pour une accélération des promotions, et sommes prêts à rediscuter des modalités d’amélioration des grilles de salaire.

Non, cette prime ne répond pas à ce besoin urgent. Et nous ne sommes pas dupes devant les mesures proposées par le ministère. Les primes ne sont pas des salaires, elles ne seront pas prises en compte dans le calcul de nos retraites, elles ne sont pas soumises aux cotisations sociales et retraite.

Oui, nous mandatons nos élus à la commission d’évaluation pour qu’ils évaluent notre travail scientifique, dans un but formatif, pour une vraie réflexion scientifique, de fond, indépendante, transparente, sans se baser sur quelque indicateur préfabriqué que ce soit.

Non, nous ne les avons pas élus pour établir un classement olympique de nos performances. Une nouvelle vague d’évaluations de dossiers de candidature à la PES leur rajouterait un énorme travail si celles-ci étaient réellement scientifiques.

Oui, nous sommes attachés à notre institut et à son organisation collective, en équipes. Nous assistons à son atomisation entre équipes délocalisées, dispersées géographiquement.

Non, nous ne voulons pas de primes individuelles à la performance, qui risquent d’accroître l’isolement et la démobilisation, en plaçant les chercheurs dans une situation de concurrence permanente, et sont susceptibles d’induire bien des effets pervers. Les critères et l’engagement d’enseignement, même assouplis, restent incohérents.

Oui, nous avons choisi ce métier parce que nous aimons le travail de recherche scientifique, en équipe, et nous apprécions que notre travail soit reconnu, par nos collègues de la communauté scientifique. Si l’excellence est l’une des exigences du travail de chercheur, les grandes avancées reposent majoritairement sur le travail d’équipe.

Non , la prime ne permet pas de valoriser ce travail d’équipe en proposant l’unique récompense à 20% d’entre eux. Non, les primes ne sont pas de la reconnaissance, elles sont de l’allégeance. Les montants élevés prévus, injustement répartis selon les catégories de bénéficiaires, et le petit nombre d’entre eux (20% de bons, 80% de médiocres) amplifient encore cette perception. Leur non-reconduction au bout de 4 ans sonnerait comme un déni de reconnaissance, préjudiciable à la motivation, comme une reconduction apparaitrait comme une rente de situation pas toujours justifiable.

C’est pourquoi nous disons « Non aux primes d’excellence scientifique » mais Oui à une recherche reposant sur des valeurs coopératives et solidaires et pas vue sous le seul angle de la compétition. Oui à l’ouverture de négociations pour une vraie revalorisation de nos carrières, en particulier, les débuts de carrière.


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