CSD-ST2I 8 Novembre 2007

jeudi 8 novembre 2007
par  Dimitri Peaucelle ST2I

Conclusions du CSD consacré à la structuration en laboratoires.

Le CSD rassemblé le 8 novembre 2007 sur la thématique de la place de la structure laboratoire dans le paysage actuel de la recherche a procédé par l’audition des personnalités suivantes :
- Jean-Michel Dion, directeur adjoint de le Direction Générale de la Recherche et de l’Innovation (DGRI) responsable de la Recherche Universitaire.
- Roger Fougères, vice-président de la Région Rhône-Alpes, chargé de la Recherche.
- Sébastien Candel, membre du conseil de l’AERES.
- Victor Sanchez, conseiller à l’ANR.

Suite à ces auditions, l’après midi était consacrée à des débats dont sont ressorties les réflexions suivantes.

La structuration en laboratoires (ou "Unités de Recherche") est particulièrement forte dans le paysage de recherche français en comparaison avec d’autres pays. Ceci est en grande partie du fait de l’importance des organismes et du CNRS en particulier. Cette organisation s’est réalisée grâce à ce cadre, par des démarches émanant des chercheurs eux-mêmes. L’orientation principale conduisant à la constitution de laboratoires est le partage de multiples éléments communs parmi lesquels : les bâtiments, une histoire et une culture scientifique, la production scientifique (partagée en confiance avant même sa publication), la communication, les capacités de négociations avec les tutelles, les plateformes techniques, la bibliothèque, la cafétéria... et les dépenses des ressources propres. La pérennité de ce fonctionnement collectif dépend très fortement des personnels permanents et des moyens dévolus à une politique scientifique. Si la baisse des crédits de base se prolonge, c’est par la capacité à mutualiser un pourcentage prélevé sur les ressources propres et par les mécanismes de préciput que les collectifs assemblés en laboratoires pourront éventuellement se maintenir.

La structure de laboratoire peut selon les cas devenir une grosse machine difficile à faire fonctionner, avoir peu de réactivité et ne pas permettre l’émergence de jeunes chercheurs dynamiques. Ces défauts sont en grande partie compensés par la structuration en équipes : petits ensembles de chercheurs regroupés autour d’un axe scientifique, discutant quotidiennement des avancées scientifiques, capables de faire vivre localement une discipline, capables de maintenir une mémoire scientifique et technique, mais dont les contours peuvent évoluer rapidement en fonction des avancées des connaissances et des évolutions de carrière des personnels. Le second garde-fou essentiel au bon fonctionnement des laboratoires est celui de l’évaluation. Évaluation sur la base des bilans et prospectives des chercheurs, des équipes et des laboratoires, qui par l’examen contradictoire approfondi permet d’aider aux évolutions scientifiques et organisationnelles.

Suite à ces discussions et constatant que la place du CNRS est remise en question, le CSD affirme la position suivante :

Tutelles des laboratoires

La très large majorité des laboratoires du département ST2I sont des unités mixtes avec des universités et des écoles d’ingénieur. Le CSD du département ST2I considère comme contre-productif et même nuisible de placer le débat dans un contexte d’opposition entre les différentes tutelles. Il pense que les tutelles universitaires et écoles permettent le lien indispensable entre enseignement supérieur et recherche, et un ancrage dans le contexte régional. Les organismes de recherche quant à eux apportent les capacités de structuration de la vie scientifique avec une vision nationale et internationale. Seule la combinaison de ces modalités est à même de porter une recherche de qualité. L’effacement d’une tutelle au profit d’une autre ne peut conduire qu’à un affaiblissement dramatique de notre potentiel de recherche. Le CSD demande donc à ce que les cotutelles existantes ne soient pas remises en cause et que l’association des laboratoires aux organismes et établissements d’enseignement soit négociée avec rigueur et ambition en permettant une bonne entente entre les différents acteurs.

L’importance de l’évaluation pour le fonctionnement des laboratoires mise en regard des dernières informations sur le fonctionnement de l’AERES conduit le CSD a prendre la position suivante :

Évaluation des unités

Le CSD du département ST2I juge indispensable un couplage fort entre évaluation des unités et évaluation des chercheurs. Il doute que ce couplage soit efficace s’il est fondé sur un rapport de trois à cinq pages, élaboré lors de brèves visites de moins d’une journée, transmis aux sections du Comité National désormais chargées de la seule évaluation des chercheurs CNRS. En conséquence, il demande
- qu’au moins un représentant de chacune des sections dont relèvent les chercheurs d’un laboratoire soit membre des comités de visite ;
- que les évaluations soient d’une durée au moins égale de ce qui se faisait jusqu’ici pour les unités évaluées par le Comité National ;
- que les limitations sur la longueur des rapports soient levées pour permettent une analyse fine de l’activité globale des unités et des équipes qui la constituent ;
- que l’évaluation prenne en compte l’apport et l’organisation du soutien technique et logistique amené par les ITA et IATOS.
Aussi, le CSD prend acte, en le regrettant, que l’AERES n’ait pas utilisé la possibilité offerte par la loi de confier l’évaluation des UMR et UPR aux instances qui s’acquittaient précédemment de cette mission. Le Comité National n’étant pas le CNRS le découplage entre évaluation et décision était de toute façon garanti. Même si les critères retenus par l’AERES pour l’évaluation des laboratoires sont tout à fait analogues à ceux des ex comités d’évaluation, l’organisation préconisée conduira à une dégradation de l’analyse.


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