SHS : lettre du Président du CSD

jeudi 12 février 2009
par  Administrateur

aux membres du Conseil scientifique de département/institut et aux présidents de
section

 

Lettre de Philippe Régnier

Président du Conseil scientifique du département des Sciences humaines et sociales du CNRS

 

 

 

Chers
collègues,

À la
veille des actions et assemblées de cette semaine et alors que les laboratoires
reçoivent un message conjoint de la ministre et de la direction du CNRS daté
des 6 et 9 février, il est grand temps de tenter de faire le point.

 

1°) La
nomination de Bruno Laurioux a donc été officialisée, et ainsi le fil qui
s’était tendu à l’extrême du dialogue avec la Direction du CNRS n’a-t-il pas
été rompu. Comme nous le souhaitions et parce que nous l’avons souhaité, la
phase à venir de mise en place expérimentale de "l’institut" conserve
des chances de se faire dans une certaine stabilité et dans une certaine
continuité, et, qui sait, de comporter quelques éléments positifs au milieu
d’un ensemble qui n’emporte pas la conviction. Le document de référence étant
le projet d’institut SHS tel qu’il a été en fin de compte validé, mon intention
est de demander très prochainement rendez-vous à B. Laurioux et à son équipe,
avec le bureau du CSD, pour avoir un premier échange de vues visant en particulier
à défricher les points suivants, afin d’aller de l’avant, autant que faire se
pourra et sans aliéner notre liberté d’appréciation :

 

- la
politique scientifique de l’institut en 2009 après la désignation de son
directeur ;

- la réflexion
sur les "missions nationales" de l’institut, globalement et
discipline par discipline ;

- les
principes et la méthode de l’application, notamment à la vague D, mais aussi à
la préparation de la vague A, de la séparation entrela fonction opérateur et la
fonction agence, notamment pour les UMR ;

- la
position de la Direction scientifique sur l’évaluation des unités et des
individus (compte rendu annuel d’activités, avis dit "d’opportunité"
des sections sur les unités, outil dit de "caractérisation").

 

2°)
Après une discussion de fond, le C3N est parvenu à une quasi-unanimité sur le
texte du communiqué ci-joint. Sa dernière rédaction a été achevée aujourd’hui
lundi vers 17 h et il a été publié peu avant que ne soit diffusé le message
ministériel et directorial (ci-joint, pour qui ne l’aurait pas encore reçu).
Au-delà de la tactique qui prend en compte et essaie d’éteindre la colère
grandissante, chacun analysera ce message-ci en fonction de l’expérience des
menaces, des avancées et des reculs de l’année 2008 jusques et y compris au
discours présidentiel de cette fin janvier.

C’est
en vérité déjà ce que fait le communiqué du C3N.

Tirant
les leçons des fragiles acquis arrachés en 2008 lorsque s’est exprimé
l’attachement commun aux UMR, il met en effet l’accent sur l’importance de
construire une convergence et une coordination des mouvements en cours pour la
recherche et pour l’université. Prenant le relais d’assemblées universitaires
et de sections du Comité national et du CNU ayant voté des motions en ce sens
(que le communiqué du C3N de fin 2008 sur "la continuité thématique"
amorçait fortement), il appelle dès à présent à un moratoire général des
évaluations à l’ANR et à l’AERES et il propose la perspective d’une conférence
plénière du Comité national élargie, sous des formes restant à définir, au CNU.

 

3°)/
Nota bene/:il ne s’agit surtout pas de déduire de l’appel au moratoire que les
membres des sections chargés de représenter le Cn dans les comités de visite
doivent s’abstenir si ceux-ci se tiennent néanmoins. C’est tout le contraire :
il faut, dans ce cas, qu’ils y aillent, ne serait-ce que pour faire écho au
présent appel et tâcher d’y rallier les autres membres du comité.

D’autres collègues ont à recevoir des comités de visite
AERES ou à y participer de l’autre côté de la barrière cette semaine ou dans
les toutes prochaines semaines. Bien sûr, c’est aux intéressés de se déterminer
après discussion collective. Le cas est à peu près réglé si l’établissement de
rattachement de leur laboratoire est installé dans une grève illimitée et
totale. Mais comme les situations sont souvent plus complexes, et qu’il peut
être délicat de décommander en catastrophe des experts qu’on a eu beaucoup de
mal à mobiliser de loin, voire de l’étranger, une formule pourrait être, à l’ouverture
de la séance, d’avoir une discussion préalable pour convenir, voter et faire
savoir aux instances de l’AERES que personne ne communiquera quelque rapport et
résultat que ce soit tant que le moratoire n’aura pas été levé./ Idem/ pour les
comités déjà tenus : le mieux est, par consensus entre évaluateurs et évalués,
de stopper la remontée de l’évaluation. Reste que le sens de l’appel est clair
pour les comités programmés à échéance un peu plus lointaine ou non encore
programmés : tout suspendre.

 

4°) Le
"groupe de travail sur la caractérisation" tient sa 4e et dernière
séance cette semaine. Sans anticiper sur les conclusions qui seront remises au
Directeur général, j’en retiens déjà pour ma part qu’il y sera probablement
recommandé de remiser définitivement plusieurs éléments parmi les plus
critiqués et de corriger ou de préciser bon nombre d’autres - le tout sans que
les membres du groupe extérieurs à la Direction des partenariats cautionnent
une persistance à vouloir exploiter sous forme de "radar" les
informations qui seront collectées dans les dossiers de contractualisation. À
suivre.

 

5°) En
guise d’épilogue provisoire. Si l’on jette un regard rétrospectif sur les
apparentes péripéties subies en SHS spécifiquement depuis mars 2008 (dépêche
AEF évoquant l’éventualité d’une réduction drastique du périmètre du CNRS en
SHS) jusqu’au déroulement ? étonnant ? de la procédure de désignation par voie de
"comité de sélection" en passant par ce qui s’est passé début
septembre, la seule logique explicative possible réside dans la conjecture
d’une "main invisible" pesant de l’extérieur sur le CNRS. À quel bras
cette main ? et à quelle tête ce bras ? Voilà un roman populaire à écrire, ou un
mystère à méditer et à interpréter pour les herméneutes que nous sommes tous
peu ou prou, nous autres SHS.

 

Bien
cordialement

Philippe
Régnier

Président
du Conseil scientifique du département des Sciences humaines et sociales

CNRS

courriel
philippe.regnier@ish-lyon.cnrs.frstyle='color:black'>

 

 


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