Conseil d’administration Inria, 15 avril 2008.

vendredi 23 mai 2008
par  web.inria

Déclaration des élus SNCS/FSU et SNTRS/CGT au conseil d’administration de l’Inria, le mardi 15 avril 2008.

Déclaration des élus SNCS/FSU et SNTRS/CGT au conseil d’administration de l’Inria, le mardi 15 avril 2008.

Malgré des budgets notoirement insuffisants, le service public français d’enseignement supérieur et de recherche a un rayonnement incontestable.

Le pouvoir politique dénigre ces atouts et tourne le dos à ses missions de service public de recherche et d’enseignement supérieur. Avançant seulement sur le mode de la concurrence, de l’individualisation, d’une conception managériale, d’une recherche exclusivement centrée sur l’innovation, les choix gouvernementaux freinent la recherche fondamentale et aboutissent à des échecs économiques et politiques. Ils visent, comme l’a exprimé à Orsay Nicolas Sarkozy, à remettre en cause pour nos missions le statut de fonctionnaire, à réduire le nombre de titulaires, et à privilégier le recours à des emplois précaires. Au contraire, les activités de l’enseignement supérieur et de la recherche exigent de réelles coopérations scientifiques, des libres confrontations d’idées se développant dans le temps entre individus dotés de métiers stables.

L’Inria n’est pas hors du monde et hors du temps. Notre institut subira forcément les retombées de l’éclatement en instituts de l’Inserm, ainsi que l’éclatement annoncé du CNRS, après la mise en oeuvre des deux lois, Pacte contre la recherche et LRU, et la mise en place de l’ANR et de l’AERES.

Alors que l’AERES avait validé les procédures d’évaluation de l’Inria, il apparaît que les Épis sont l’objet des évaluations des sites que cette agence visite. Sans même que cette évaluation ne soit discutée par l’instance officielle d’évaluation qu’est la commission d’évaluation. Que va donc devenir la CE ? Quel sens donner à cette procédure d’évaluation supplémentaire alors que l’on nous promet de l’autre côté la débureaucratisation tant souhaitée par tous les collègues ?

Un institut des sciences mathématiques et numériques serait envisagé au CNRS. Comment l’Inria va-t-il se coordonner avec ce nouvel acteur ?

De nombreuses autres questions se posent sur l’avenir de l’Inria et il est important qu’elles soient discutées au sein de l’Institut. Loin de nous rassurer, la réponse de notre président "ne vous inquiétez pas" nous inquiète au contraire profondément.


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